Le 24 juin, devant la préfecture... Et après…

Ce 24 juin, nous étions une bonne centaine de jeunes et soutiens venus crier sous les fenêtres du Préfet qu’on en a marre d’attendre pendant des mois et des années les titres de séjour dont on a besoin pour pouvoir travailler et vivre normalement. A 18 ans, les majeurs font les demandes de titres de séjour qu’on leur demande, mais en retour c’est récépissé sur récépissé n’autorisant pas à travailler pendant 1, 2, et même 3 ans, et silence radio du côte de la préfecture, sauf rappels de temps en temps pour prendre ou reprendre les empreintes !

Aboubacar a donné une image très exacte de l’état d’esprit des jeunes majeurs en colère. Ils sont pressés de pouvoir gagner leur vie sans dépendre des aides sociales : « On n’est pas venus ici pour manger des aides, mais pour vivre indépendants et libres ! ».

Une enseignante du lycée François Cevert a exprimé le soutien des enseignants aux élèves étrangers dont les études et l’accès au travail se trouvent à un moment ou un autre bloqués par les problèmes de papiers. Elle a critiqué le mépris de la Préfecture pour le travail « moqué » des enseignants. [1]

Tous les jeunes présents se sont rapprochés le plus près possible des bureaux du Préfet pour lui faire entendre leur colère et leur sentiment d’injustice. Voilà l’essentiel de ce qu’ils ont crié :

« Si la France est au Mali en en Côte d’Ivoire, c’est bien notre droit d’être accueillis en France … Donnez-nous l’autorisation de travailler, puisque nous étudions pour ça et que des patrons nous attendent pour nous embaucher… Autorisation de travail et papiers pour tous ! »

La Préfecture n’a pas daigné répondre à la demande d’audience formulée à l’occasion de cette manifestation par le Collectif Jeunes de RESF. Sans doute a-t-elle estimé qu’elle nous en avait assez dit lors de la rencontre du 12 juin qu’elle avait accepté à notre demande. Ce n’est pas notre avis et nous lui avons écrit pour le lui faire savoir :

« N’ayant pu vous rencontrer comme nous le souhaitions ces derniers jours, nous revenons vers vous concernant les questions les plus urgentes que nous vous avons posées sans obtenir jusque là de réponse.

  Nous avons besoin d’une procédure clairement définie permettant aux jeunes majeurs déjà détenteurs de récépissés de demande de titre de séjour d’obtenir un rendez-vous dans vos services pour que soit portée sur ces récépissés la mention les autorisant à travailler.

Faute de cette procédure, les jeunes en possession de promesses ou de contrats d’apprentissage n’ont pas d’autre recours que de contacter un avocat qui vous sollicite et engage un contentieux. S’agissant d’un droit consacré notamment par la décision du Conseil d’État du 27 mai dernier, il serait pour le moins logique que le recours aux avocats ne soit pas nécessaire !

Nous constatons par ailleurs que vos réponses aux avocats sont variables, des rendez-vous étant attribués aux uns, tandis qu’ils ne le sont pas pour d’autres.

Dans cette distribution apparemment aléatoire des rendez-vous, nous attirons votre attention sur le préjudice porté aux jeunes majeurs souhaitant préparer des BTS en alternance qui ont besoin de confirmer leurs inscriptions avant le 10 juillet, et qui sont pourtant encore en attente de leurs autorisations de travail à ce jour…

  Nous souhaitons avoir la confirmation que tout jeune majeur déposant sa demande de titre de séjour a et aura désormais la mention d’autorisation de travail portée sur son récépissé.

  Nous souhaitons enfin connaître vos projets quant à la résorption du retard considérable pris dans le traitement des demandes de titres de séjour des jeunes majeurs. Comment est-il possible, comme nous le constatons, que des jeunes majeurs pris en charge par l’ASE avant 16 ans se retrouvent sans titre de séjour et sans autorisation de travail à l’approche de leurs 21 ans alors que leurs contrats jeunes majeurs vont cesser ? »

À suivre…

Notes

[136 enseignants du lycée Béjuit (Bron) ont déjà signé la lettre-pétition "Élèves sans papiers : Ouvrons-leur un avenir". La pétition continuera de circuler dans les autres lycées à la rentrée ; elle peut aussi être signée ICI : http://chng.it/zdQZbKzB8Z